Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t3.djvu/55

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


THESPIS 43

560 environ, c'est-à-dire au temps de la vieillesse de Solon* Le témoignage de Plutarque qui les met en rap- port l'un avec l'autre confirme ce calcul ^

Durant ce laps de temps, il est évident que Thespis, esprit inventif et créateur, ne manqua pas de perfection- ner sans cesse son art. Né à Icaria, au nord du Pentéli- que, à peu de distance de Marathon % il fut un des pre- miers à introduire dans les spectacles dionysiaques des dèmes voisins, les innovations péloponnésiennes, c'est-à- dire les récits des aventures des héros. Un passage bien connu de V Art poétique d'Horace nous le représente pro- menant de bourg en bourg ses tragédies sur un chariot; il ajoute qu'on les jouait, le visage barbouillé de lie ^ Ce qu'il peut y avoir de vrai dans cette tradition, évidem- ment fort confuse, c'est que Thespis à ses débuts se produisit surtout dans des fêtes de village ; il y régnait une liberté qui permettait au poète de se soustraire plus hardiment aux usages reçus. Bientôt pourtant le succès l'enhardit. Sortie d'Icaria, sa tragédie se fit recevoir dans Athènes. Elle inquiéta d'abord les vieux Athéniens^. Ce qui les troublait, c'était cette fiction hardie qui mettait sous les yeux du public les personnages légendaires eux- mêmes, comme s'ils étaient vivants. Il leur semblait qu'on n'avait pas le droit de disposer ainsi des héros ; ils ne

1. Plutarque, Solon, 29. Sur les relations de Thespis avec Pisistrate rien de bien certain. Donaldson, Théâtre of the Greeks^ p. 69, fait de lui <( un agent du tyran ». Gela est par trop conjectural. Pisistrate protégeait les lettres, les spectacles, tout ce qui occupait et charmait le peuple. Il dut voir de bon œil le succès de la tragédie naissante. N'allons pas au delà.

2. C'est aujourd'hui Dionysos. Sur la situation topographique de ce dème, établie par des recherches récentes, voir un extrait d'ane lettre de M. Bikélas, Revue des Etudes grecques, I, n« 1, p. 125.

3. Horace, Art poétique, 275-77.

4. Plutarque, Solon, 29. Diogène Laerce (I, 60) va plus loin : Kal 0é<nciv êx(oXuo"s TpaywStaç a8eiv xa\ Siôaaxstv, àç àvfoçeXYJ tyiv ij'euSoXo-

�� �