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548 CHAPITRE XII. — ARISTOPHANE

reuses chances ; ils profitent des unes, surmontent les autres, et, de scène en scène^ arrivent à leurs Giis, — à moins qu'ils n'écliouent pour leur plus grand bien, comme Strepsiade; ce qui est encore un succès. Dans ces pièces mômes, les véritables péripéties sont rares. Si des difficultés ou des contretemps surgissent devant le des- sein principal, ces obstacles sont abordés avec un entrain et surmontés avec une vigueur qui ne permet pas au pu- blic de douter un seul instant du succès. Gléon, dans les Chevaliers^ est sans doute un adversaire sérieux pour Âgoracrite, il est audacieux, fécond en ressources, il défend avec énergie sa puissance menacée, mais débus- qué sans cesse et pourchassé par son rival de position en position, il ne reprend jamais le dessus de manière à faire croire qu'il va ramener à lui la fortune. De même, dans les Nuées^ Strepsiade se voit gêné dans son dessein, d'abord parce qu'il a la tète trop dure pour apprendre lui-même, ensuite parce que son fils Phidippide se sou- cie fort peu d'aller à l'école ; mais ni l'une ni l'autre de ces difficultés ne compromet réellement l'accomplisse- ment final de son projet. Une des meilleures péripéties du théâtre d'Aristophane, c'est la scène de Lysistrate où la défection semble sur le point de se mettre parmi les femmes ; là^ Tentreprise est sérieusement menacée; mais la scène est courte et le poète n'a pas cherché à tirer parti de son idée, autant qu'il l'aurait pu. Il est visible que des péripéties sérieuses lui paraissaient convenir mal à un genre aussi léger : il aurait craint qu'un intérêt dra- matique trop vif n'enlevâtquelque chose à la folle gaieté qui ne devait pas cesser de prédominer.

A côté de la progression dramatique proprement dite, celle de la démonstration a une réelle importance chei Aristophane. II semble même au premier abord qu'elle règle souverainement la conduite de quelques-unes de ses pièces. Voici par exemple les Achamiens : il faut peu

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