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596 CHAPITRE XIII. — LA COMÉDIE AU IV* SIÈCLE

Cocalos d'Aristophane; mais ils devaient avoir raison en faisant ressortir comme une nouveauté l'importance don- née par Anaxandride à ces ressorts dramatiques. Cepen- dant la proportion des sujets mythologiques et des sujets d'intrigue est à peu près la même chez lui que chez Anti- phane. Quant à son talent, ce qui nous reste de ses piè- ces ne permet réellement pas de l'apprécier *.

Eubule, Ois d'Euphranor, Athénien du dèmc de Eet- tos, ne nous est guère mieux connu -. Il vivait, nous dit Suidas, dans la 101^ Olympiade (376-373). En prenant cette date pour celle de ses débuts, on voit qu*il dut ap- partenir presque à la même génération qu'Antiphane. Sur les 104 comédies qu'il avait composées, il n'y en a guère qu*une soixantaine qui nous soient connues par leurs titres ou par quelques fragments. Les sujets my- thologiques^ et par conséquent les parodies, semblent avoir eu pour lui un attrait particulier. On l'entrevoit, dans les débris de son œuvre, comme un railleur d*un esprit cynique, habile à contrefaire le ton pompeux de la tragédie, conservant plus qu'aucun autre peut-être le goût des plaisanteries licencieuses jusqu'à l'obscénité, qui avait régné au siècle précédent.

Il suffit de mentionner le fils d'Aristophane, Araros, puis Nicostrate, Philétaire, Amphis, Ephippos^, Anaxi- las *, Aristophon, Épicratès ; de ce dernier deux frag-

1. Le fragment 39, où un Grec oppose ses mœurs à celles d'an Égyptien, est d'un homme d'esprit et d'un écrivain qui a du trait. En revanche, le fragm. 41, où les noces d'Iphicrate avec la fille de Go- tys sont décrites en 11 anapestes, n'est qu'une longue énumération bien fastidieuse. Ce qu'il y a de meilleur dans les fragments d' Ana- xandride, ce sont les morceaux de réflexions générales, satiriques ou non, qui nous ont été conservés par Stobée (fr. 52, 53, 55, 60, 61, 63) : il y a là des choses fortement dites, avec esprit et vigueur.

2. Suidas, E{^êou>.0(;.

3. Il nous reste de lui, entre autres fragments, une curieuse pein- ture satirique d'un jeune Platonicien, élégant et beau parleur (Fr. 14 Kock).

4. On peut lire d'Anaxilas un fragment de 31 vers trochaïques, in-

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