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624 CHAPITRE XIV. — POÉSIE HORS DU THÉÂTRE

��Le génie poétique était trop fécond en Grèce, au v® et IV® siècle, pour se réduire à un seul genre de création littéraire, si brillant qu'il fût. Le drame, sans doute, sous ses deux aspects, tragédie et comédie, représentait presque à lui seul toutes les formes essentielles de la poésie antérieure, le lyrisme, l'épopée, la satire iambî- que; et il les représentait dans une sorte de synthèse puissante qui les rajeunissait. Mais, en les résumant ainsi, il ne les avait pas rendues toutes inutiles. Le ly- risme avait des formes traditionnelles, appropriées à d'anciens usages, religieux ou civils, pour lesquels le drame ne pouvait pas le suppléer. Ces usages étaient toujours vivants, et ils impliquaient des sentiments très sincères, qui avaient besoin, comme autrefois, de s'épan- cher librement en œuvres poétiques. Il était nécessaire aux fêtes, à la célébration des grands événements, aux banquets enfin, et même, en ce qui concerne l'iambe et l'élégie, aux manifestations familières de la vie sociale. L'épopée, elle, avait disparu quand le drame naquit; elle ne répondait plus à Tétat des esprits ; elle aurait pu ne pas renaître. Diverses causes que nous exposerons plus loin lui rendirent une vitalité apparente et quelque peu artificielle. Remise en honneur, elle profita du mouve- ment général des esprits, des qualités littéraires alors florissantes, et elle produisit des œuvres qui ne furent pas sans mérite.

On a vu quel était l'éclat du lyrisme au commencement du IV® siècle, immédiatement après les guerres médi- ques. Simonide et Pindare jouissaient alors de toute leur gloire; leurs noms étaient connus partout en Grèce; la représentation de leurs œuvres était une fête pour les grandes familles ou pour les villes. Bacchylide^ fidèle à

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