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52 CHAPITRE III. — CONCOURS TRAGIQUES

naissance est si désirable pour l'histoire littéraire. Mais celle-ci ne peut se dispenser d'utiliser dès à présent ce qui a été rendu certain, ou même simplement probable, pour éclairer l'intelligence d'une des plus belles formes de l'art antique ^

L'idée qui doit dominer tout cet exposé, c'est que la tragédie en Grèce est une des formes du culte public. Cela résulte de l'histoire même de ses origines, telle que nous venons de la raconter. Née d'un des rîtes de la reli- gion dionysiaque, elle resta, pendant toute la période classique, un hommage rendu par la cité à un de ses dieux. Ce n'est que plus tard, après le temps d'Alexandre, qu'elle tendit par la force naturelle des choses à devenir un divertissement organisé par un chef de troupe et sou- vent payé par des libéralités privées. Encore garda-t-elle, même eu ce temps, quelque chose du caractère qui lui avait été imprimé à sa naissance. Au v® et au iv® siècle, elle est encore toute religieuse. Partout où l'on joue des tragédies, et principalement à Athènes, c'est la cité même, par l'intermédiaire de ses magistrats, qui les fait re- présenter en certaines fêtes. En agissant ainsi, elle vise bien moins à procurer un plaisir à ses membres, qu'à les associer tous dans une sorte de fonction religieuse, d'autant plus agréable à la divinité qu*elle est plus una- nime et plus splendide.

1. Il nous sera permis de renvoyer d'une manière générale^ pour tout eé qui est archéologie dramatique, à l'excellent manuel que A. Mûller a publié, sous le titre de Griechische BuhnenalterthUmer, dans la nouvelle édition du Lehrhuch der Griechischen Antiquitâten de Hermann. On y trouvera sur chaque point, outre les résultats acquis, l'indication des ouvrages spéciaux les plus importants, notamment de ceux de G. Hermann et de K. Fr. Hermann, de Welcker, d'Otfried Mûller, de Schône, de Schneider, de Schônborn, de Wieseler, de Do- naldson. Il faut y ajouter aujourd'hui l'ouvrage récent de A. E. Haigh {The Attic théâtre» Oxford, 1889), qui se recommande par la niéthode et la clarté, et celui-ci de Gust. Œmiohen {Das BUhnenwesen der Griechen und Ramer) qui forme le tome V dnHandbuch der Alterthumwissenchaft de Iv^n Mûller.

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