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JOURS DES REPRÉSENTATIONS 53

La première conséquence de oe fait, c'est que la tra- gédie n'est pas jouée, comme chez nous, en n'importe quel temps ni même fréquemment. Elle appartient en propre à Bacchus, comme le dithyrambe d'où elle est sortie, et elle ne peut être représentée qu'en son honneur. Elle est liée à son culte aussi étroitement que certains offices le sont chez nous à des fêtes déterminées. Gela ne veut pas dire qu'elle figure nécessairement dans toutes les fêtes dionysiaques. L'usage semble l'avoir réservée, en Attique du moins, à trois d'entre elles : aux Dionysies des champs, aux Lénéennes, aux Dionysies de la ville ou Grandes Dionysies K

C'était, comme on l'a vu plus haut, aux Dionysies des champs (tûc Aiovuaia toc xaV àypouç) que la tragédie était née. Il était naturel qu'elle continuât d'y tenir sa place. Au V® et au iv^ siècle, cette fête du vin nouveau était célé- brée dans le mois de Posidéon et dans le mois interca- laire qui, en certaines années, s'y ajoutait sous le nom de Posidéon second. Cette date répondait approximative- ment à notre mois de décembre ^, La fête était propre- ment celle des dèmes. Athènes, en tant que capitale, n'y prenait point part. Mais plusieurs de ses quartiers ou faubourgs la célébraient, en qualité de dèmes dis- tincts. Chaque dème avait sa fête à lui, qu'il organi- sait comme il l'entendait, selon ses ressources et par les soins de son démarque ^ Il est probable que ces fêtes locales n'étaient pas simultanées ; elles se suc- cédaient de jour en jour pendant toute la période indi-

1. Sur l'origine probable et le caractère propre de chacune de ces fêtes, consulter A. Mommsen, Ileortologie, Leipzig, 1864. Malgré les discussions récentes, les faits qu'il a établis nous paraissent encore les plus probables. Cf. J. Girard, art. cité plus haut.

2. Voir Bouché-Leclercq, Atlas pour l'Histoire grecque de Curtius, p. 68 et suiv.

3. Consulter sur ce point HaussouUier, La vie municipale en Atti- que (Paris, 1883), chap. iv.

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