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628 CHAPITRE XIV. — POÉSIE HORS DU THÉÂTRE

ditatives que passionnées, et sans doute des récits à demi épiques, où le sentiment personnel du poète ne devait avoir qu*une part restreinte. Dans le cours du v® siècle, ces antiques et vénérables formes changent peu à peu. Le récit devient plus dramatique, les mélodies deviennent plus variées et plus expressives. Il faut animer ces vieux thèmes qui désormais sembleraient froids, il faut faire valoir la souplesse de la voix des grands artistes et leur permettre de montrer qu'ils savent traduire les nuances délicates du sentiment. On introduit le chœur dans ce genre, auquel il semblait étranger K De cette façon, on obtient des effets nouveaux, des contrastes saisissants ; en outre, les phases sont mieux marquées; il y a désor- mais des situations dramatiques dans le nome comme dans le dithyrambe; et ainsi ces deux genres, si différents à Torigine, se rapprochent l'un de l'autre jusqu'à se tou- cher. Us sont désormais en possession des mêmes moyens, et, s'ils se distinguent encore l'un de l'autre, c'est par la prééminence qu'ils accordent à tel ou tel d'entre eux. Cette poésie lyrique transformée est très brillante, très sonore, très pathétique, et très pauvre d'idées. On dit com- munément dans Athènes, pour désigner un imbécile, « plus bête qu'un dithyrambe ^ » Les poètes dithyram- biques le savent et ne s'en fâchent pas. Peu leur importe que leurs poèmes soient vides, leurs phrases obscures et entortillées ; il leur faut surtout des mots composés qui éblouissent l'imagination, des syllabes sonores, des phrases tantôt vives, qui semblent voler et tourbillonner, fût-ce d'ailleurs dans les nuages, tantôt magniBques et

��1. Polybe, IV, 20 : Toùç ^cXo^évou xal Tijioôéou vôpioyç (lavOàvovTfic TtoXXyj 9iXoTi(Ata ^opeuouai xat* êvcauTov toi; Atovuffiaxot; auXïjTaïç êv ToTç

OEttTpOCÇ.

2. AiOypa(i6wv voOv ïxeiç èXaxTOva* èTul tôv àotavoTiTwv (Suidas, "V, Ai- ôupàfAêwv. Scol. Aristoph. Oiseaux, 1392). Cf. Suidas, v. At0upa|i6o$(- 6à(rxaXoi et KaTeYXwTTcapiévov.

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