Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t3.djvu/650

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


638 CHAPITRE XIV. — POÉSIE HOÎIS DU ÏHÉATRE

tendait, diiïérait à peine du dithyrambe» puisqu'il y avait introduit un chœur ^ : il n est pas surprenant qu'il ait pu cultiver à la fois Tun et Tautre genre et réussir dans tous les deux.

Le trait caractéristique de son art, c'était une sorte de réalisme qui manquait parfois de mesure dans l'imitation. En composant V Enfantement de Sémélé, il avait essayé (le reproduire par la poésie et la musique les plaintes de la mère donnant le jour au jeune Dionysos. On connait le mot expressif d'un des auditeurs de la pièce : « Si Sé- mélé eût enfanté un mercenaire au lieu d'un dieu, quels cris aurait-elle donc poussés?^ » Dans un autre morceau, dont le titre est incertain, il avait imité un orage : un certain Dorion disait h ce propos, pour marquer l'impuis- sance de la musique à traduire ce genre d'effets, qu'en regardant une marmite qui bout, on pouvait voir une bien autre tempête ^ 11 résulte de là que Timothée pous- sait jusqu'à l'abus la recherche des effets nouveaux et violents. Son Artémis^ qu'il chanta lui-même sur le théâ- tre d'Athènes, commençait par un curieux entassement d'épithètes rares, qui devaient à la fois étonner l'esprit par leur audace et l'oreille par leur consonnance *. Ces défauts étaient d'ailleurs compensés par de hautes qua«  lités : le mouvement, la passion, l'élan associé parfois à la grandeur. Le nome patriotique intitulé les Perses^ qui sem-

de blâmer : h Ta félicité fut grande, ô Timothée, lorsque le héraut vint dire : Timothée de Milet a vaincu le fils de Ganops» le maître des souples mélodies ioniennes. »

1. Clément, Stromat. I, 308 : N6(j.ouç npûToc f,<T£v èv xop$ x^^ xtOdipa Ti(i.66eoç.

2. Athénée, VIII, 352 A.

3. Athénée, VIII, 338 A.

4. Plutarque, De audiendis poetis, 4 : Maivada, ^mâhoL, 90(6dl8a, Xu9- (TÔcSa. Kinésias, présent à la représentation, s'écria plaisamment en en- tendant ce début : « Voilà bien la fille que je te souhaite I » C'était le mot d'un rival, mais aussi d'un Athénien qui sentait ce qa*il y avait là d'affecté et de redondant.

�� �