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POÈTES DU DITHYRAMBE ET DU NOMB 641

et de ses compagnons, racontée au ix^ livre de V Odyssée et déjà donnée au théâtre par Euripide dans un drame satyrique. On y voyait sur la scène le Cyclope, portant une besace pleine de fruits sauvages : il était censé mener son troupeau au pâturage en jouant de la cithare ^; on entendait ses plaintes, dont il nous reste encore quelques mots :

« O charmant visage, ô boucles d'or de Galatée, voix enchan- teresse, fleur d'amour... 2 »

Dédaigné par la Nymphe, il essayait de la dédaigner à son tour, et il chargeait les dauphins d'aller lui dire au fond de la mer qu'il était guéri de sa passion, grâce aux Muses ^ Ulysse avait aussi son rôle dans ce drame ly- rique. D'abord épouvanté de son malheur, il s'écriait :

« Avec quel monstre la fortune m'a-t-elle enfermé dans cet antre *.

Puis, dans un dialogue dramatique, le Cyclope lui di- sait :

« Tu as sacrifié ; tu seras sacrifié à ton tour s. »

Si courts que soient ces fragments, ils nous donnent du moins une idée assez nette de ce qu'était alors le di- thyrambe. On comprend, en les étudiant, que Philoxène ait pu être qualiflé parfois de poète tragique ^ Toutefois

1. Aristoph., pass. cité, scolies.

2. Philoxène, fr. 8 Bergk.

3. Scol. Théocrite, XI, 1. Cf. Philodème, De Musica (vol. Hercul. I, 15). Fr. 9 Bergk.

4. Zénobius, V, 45.

5. Suidas, "EÔucxa;, àvTtÔucni. Fr. 10 Bergk.

6. Scoliaste d'Aristophane, Ploutos, 290 : Ai6upa(i.6o7toibv y; TpaycoSo- Ôiôà<TxaXov. Un passage obscur du De Musica de Plularque (c. 30) pour- rait faire croire que Philoxène, le premier, introduisit dans le dithy- rambe des airs ((léXY)) chantés par des solistes.

Uist. de la Litt. frecqae. — T. III. 41

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