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648 CHAPITRE XIV. — POÉSIE HORS DU THÉÂTRE

« Vertu, objet des efforts de la race mortelle, but glorieux où tend la vie, c'est pour ta beauté, noble vierge, que la mort même est recherchée dans THellade et qu'on y supporte la dure fatigue de l'énergie indomptable. Ton charme jette les âmes dans un amour immortel, plus puissant que l'or et que les voluptés et que le sommeil aux doux regards. C'est pour toi que le fils de Zeus, Héraclès, et les jeunes héros nés de Léda ont tant souffert, voulant par leurs actes dire haute- ment ta puissance. Pleins des désirs que tu excites, Achille et Ajax descendirent aux demeures d'Hadés ; et voici encore que, pour ta beauté bien-aimée, le fils d'Atarnée, lui aussi, a re- noncé aux clartés du jour. Qu'il soit donc chanté pour ce qu'il a fait, qu'il devienne immortel, grâce aux Muses, filles de Mnémosyné, qui honorent Zeus hospitalier et les faveurs d'une amitié inviolable *. »

Parmi les représentants de la poésie lyrique familière durant la période attique, une place doit être réservée aussi à Tarcadien KerkidasdeMégalopolis, contemporain de Philippe de Macédoine et auteur de Méliambes ou chants iambiques, dont il nous est resté une quinzaine de vers ^ Kerkidas fut un législateur et un homme po- litique ^ ; auxiliaire du parti macédonien, il a été flétri par Démosthène ^. C'était un admirateur enthousiaste d'Homère ^ Ses méliambes ont dû être des chansons morales, où l'exhortation prenait plus ou moins le ton moqueur de la satire. Le plus curieux de ses fragments est formé de cinq vers relatifs à la mort de Diogène ^ :

« Tout autre fut naguère l'homme de Sînope, — porteur de bâton, vêtu du manteau double, nourri de vent, — qui s'en

1. J'ai traduit sur le texte de Bergk; quelques-unes des restitutions sont évidemment fort incertaines.

2. Bergk, Poet. lyr, gr. Il, p. 513.

3. Et. de Byzance, MeraXt) ttôXiç ; Polybe, XVII, 14.

4. Couronne, p. 324 Reiske, 555 Weil.

5. Eustathe, Iliade, II, p. 263, 35; Photius, Biblioth, p. 151; Élien, Hist, var. XIII, 20.

6. Diog. Laërce, VI, 76. Il y a un jeu de mots intraduisible sur Diogène et fils de Zeus,

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