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L’ÉPOPÉE 669

Aujourd’hui tout est partagé en domaines distincts, chaque art a ses limites. Gomme les derniers dans la course des chars, nous restons en arriére : et quoi que Ton tente, il n’est plus possible de pousser au but un jeune attelage *. »

D’autres passages sont descriptifs. Dans l’un, il repré- sentait la multitude des Perses, assemblée autour d’une source qu’il appelait Aréthuse, nom propre devenu pour lui, par une bizarrerie de lettré, un nom commun.

« Le long des sources Aréthuses, des tribus innombrables s’agitaient confusément, semblables aux essaims nombreux des abeilles ^. »

Ailleurs, il décrivait un peuple d’Asie, dans lequel le juif Josèphe a voulu reconnaître ses compatriotes. Ce qu’il y a de plus intéressant pour nous dans ce passage, outre la recherche évidente de la couleur et de l’effet, c’est qu’il nous fait constater l’existence dans le poème (comme dans l’histoire d’Hérodote) d’un catalogue des peuples réunis sous le commandement de Xerxès.

« Derrière eux venait une race d*un aspect étrange, des hommes dont la bouche faisait entendre le langage phénicien. Ils habitaient les monts Solymes, auprès d’un lac étendu ; leur crâne était inculte, leurs cheveux coupés en rond. Gomme coiffure, ils portaient des têtes de chevaux, dépouillées de leur peau et séchées à la fumée 3. »

Enfin un passage plus dramatique que descriptif, mais plus sophistique encore que dramatique, met en scène un personnage perse, déchu de son rang. Tenant en main une pauvre coupe de terre mutilée, signe de son abais- sement, il s^exprime en ces termes, qui donnent une idée des métaphores outrées du poète :

1. Aristote, Rhétorique, III, 14, 4. Fr. 1 Dûbner-Didot.

2. Hérodien, Ilepl (lovYip. XeÇ., p. 13, 4. Fr. 2 Dûbner-Didot.

3. Josèphe, C. Apion, I, p. 454 Havercamp. Fr. 4 Dûbner.

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