Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t5.djvu/536

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518 CHAP. III. ···· RENAISSANCE AU II° SIECLE · tracer les routes a suivre, c’est d’éclairer les obscurités _- ou les difficultés de la vie par des préceptes, des con- _ seils, des réflexions, c’est de pourvoir les hommes d’une

 provision de bonnes idées, dont ils feront usage selon

- leurs besoins. La plus grande partie des ouvrages mo- raux de Plutarque n’est remplie que de ccla. Nature éminemment sociable, ce qu’il a en vue par dessus tout, qu’il le dise ou non, c’est lc développement de la sociabilité. Il est bien moins tourné que les Sto'i- , ciens vers le perfectionnement de l’individu, bien moins oxclusivement préoccupé de son indépendance. Les con- seils qu’il donne, loin de tendre a détacher l’homme de ses affections naturelles, visent au contraire a les lui rendre plus cheres, en y mettant toujours plus d’intelli- gence, plus de sagesse, plus d’idéal. C’est dans cet es- prit qu’il disserte sur la famille, sur l’amitié, sur la vie civile et publique. Ce que Plutarque disait et pensait de la famille, nous l pouvons en juger encore par ses Préceptes sur lc ma- riage, par son écrit Sur Pajfection fraternelle, et par la plus'grande partie de la Consolation d sa femme. Sans apportera proprement parler des vues nouvelles sur des sujets si anciens, il a su rassembler dans ces écrits, avec grace et délicatesse,toute la substance et en quelque sorte toute la {leur de la sagesse antique, en y mélant quelque chose de bon et d’aimant qui lui est propre. Mais surtout, pénétré, comme il 1’est, du sentiment que la nature humaine a besoin de se communiquer, il fait sentir excellemment, non seulement le charme des all`ec· tions intimes, mais ce qu’elles peuvent avoir de bienfai- sant, lorsqu’elles sont éclairées, lorsqu’elles élevent ceux qu’el1es unissent vers un idéal com mun, lorsqu’elles “ deviennent un moyen de développer la vie morale. N ulle A part peut-étre on ne comprend mieux que chez lui pour- b quoi et comment la famille, quand elle donne al’homme