Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t5.djvu/598

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opinion, elle provenait d’un sentiment juste des extravagances du temps, et elle a pu contribuer en quelque mesure à les discréditer 1.

Aristide, si admire qu’il fut, n’eut guere d’éleves a proprement parler et ne fit pas école ; on trouvait son art trop difficile a pratiquer. Mais ses discours lui survécurent et rencontrerent des admirateurs passionnés dans les siecles suivants 2. Lihanios doit étre nommé parmi les plus fervents, ainsi que son contemporain Himérios ”; tout le moyen·age byzantin partagea leurs sentiments; les scolies et prolégomenes qui sont venus jusqu’a nous attestent combien ses oeuvres furent étudiées alors dans les écoles. Les plus lues étaient le Panathénaiquc et le discours Pour les quatre, ou l‘on trouvait, sous une forme oratoire, toutun résumé de l’histoire d’Athénes; puis les deux discours Pour la rhétorique, ou était loué l’art le plus en faveur aupres des héritiers de l'hellénisme. Si exagérée que nous paraisse cette reputation, elle n’était pas entierement imméritée. Les autres sophistes de ce temps n’avaient eu en vue que le succes immédiat ; leurs oeuvres ont disparu, comme cela devait étre, avec ceux qui les avaient applaudies. Aristide, lui, unissant aun talent de forme au moins égal une tendance d’esprit plus réfléchie, s’était préoccupé davantage

1{Longin, ·fragm. 12 (Spengel, Rhcl., Grcci, I, p. 326) le considers •¢cmme·ee1ui qui a réprimé, dans l’éloquence, la. mollesse qui était A la mode en Asie Z thv nleovcioacav mpi. rigv ’Ao·£av Exluctv dvexrwicaro ’Apw- ·:el8·q;· cuvsxib; voip ict: xal pémv and ·m0¤w6;. Par le mot péwv, Longin semble oppposer la continuité du discours, la suite logique de la demonstration (mbavbg), aux traits incohérents et sans suite. Cf. ‘ Prolég. Dindorf, p. 741, 25 : O·68&v ix rh; ’.o·Ea; imqzépzro xzvbv iq xo·5= gov il; e{S·r,Qc¢.

2. Il est cité comme un classique par les auteurs de traités de l'age suivant. Voir 1’index des Rhet. gr. de Spengel. i

3. Voir les témoignages recueillis dans le t. III de l’éd. Dindorf, p.‘T72 et suiv. — Eunape, dans la vie d’Himérios, 1’appelle 6 Baie; l ’Aptc»:c££~q;. — Cf. Pauly·Wissowa, I, col. 892.