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CHAP. VI. — DE SEPTIME-SÉVÈRE À DIOCLÉTIEN

De cette intention procédait l’ouvrage perdu Sur la Philosophie des oracles (Περὶ τῆς ἐϰ λογίων φιλοσοφίας) ; véritable livre d’édification et d’enseignement théologique[1]. Il l’avait composé, non pour le vulgaire ni pour les indifférents, mais pour ceux qui « avaient pris le parti de vivre en vue du salut de leur âme[2]. » La divination étant le cœur même de l’ancienne religion hellénique, c’est d’elle qu’il entreprenait de tirer toute doctrine relative à Dieu. Il la considérait comme une révélation permanente, dont il se faisait l’interprète. Les oracles, qu’il avait réunis en mettant à profit d’autres recueils antérieurs[3], étaient traités par lui comme autant de textes sacrés, qui appelaient une véritable exégèse. Il s’appliquait à en dégager les notions que les dieux avaient voulu donner sur eux-mêmes, leurs instructions sur la piété, sur la manière de les honorer[4]. En réalité, c’était lui qui transformait ainsi le néoplatonisme en un dogme et incorporait ce dogme à une religion qui en avait toujours manqué.

Même dessein dans l’écrit Sur les images des dieux (Περὶ ἀγαλμάτων (Peri agalmatôn)). Ces images avaient, elles aussi, pour un croyant, une valeur traditionnelle ; représentations symboliques des dieux, elles révélaient ce qu’ils étaient. Ce symbolisme, plein de sens, le philosophe avait à

  1. Voir sur ce livre Boucher-Leclercq, Hist. de la Divination, t. I, p. 85. — Fragments assez nombreux et importants dans Eusèbe, Préparation évangélique, passim. — Édit. : Porphyrii de philosopbia ex oraculis haurienda librorum reliquias ed. Wolf, Berlin, 1856.
  2. Eusèbe, Prép. évang., IV, c. viii : Τοῖς τὸν βίον ἐνστησαμένοις πρὸς τὴν ψυχῆς σωτηρίαν (Tois ton bion enstêsamenois pros tên psuchês sôterian).
  3. Sur ces recueils, consulter Lobeck, Aglaophamus, p. 98-111, 224-226.
  4. Eusèbe, IX, 6 : Οὖτος τοιγαροῦν ἐν οἶς ἐπέγραψε Περὶ τῆς ἐϰ λογίων φιλοσοφίας συναγωγὴν ἐποιήσατο χρησμῶν τοῦ τε Ἀπόλλωνος ϰαὶ τῶν λοιπῶν θεῶντε ϰαὶ ἀγαθων δαιμόνων, οὔς μάλιστα ἐϰλεξάμενος αὑτῷ ἡγήσατο ἱϰανοὺς εἶναι εἰς τε ἀπόδιξιν τῆς τῶν θεολογουμένων ἀρετῆς εἴς τε προτροπὴν ἧς αὐτῷ φίλον ὀνομάζειν θεοσοφίας.