Page:Curchod - Réflexions sur le divorce, 1881.djvu/104

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leur félicité, elles n’auroient jamais pu supporter l’idée du divorce ; mais leur nouvelle morale leur apprend à réunir toutes leurs pensées sur le présent ; elles les séparent du passé et de l’avenir, afin de les affranchir de la reconnoissance, de les dispenser des sacrifices et de les délivrer à la fois des avis de l’expérience et des leçons de la sagesse : ainsi elles réduisent l’éternité à un jour, et ce jour à un instant. Ève ne fut pas plus fatale au genre humain en le privant de l’immortalité ; mais, du moins, Ève se cachoit dans les bois à la vue des anges, tandis que, dans nos mœurs, les femmes sont toujours prêtes à se montrer et à soutenir des paradoxes contre l’honneur et les bienséances ; foibles et méprisables composés de tous les défauts de la force, elles n’appartiennent plus à la nature, elles sont le travail de nos raisonneurs, à qui je prédis un sort contraire à celui de Pygmalion : le ciseau tombera de leurs mains, et ils auront peur de leur ouvrage. Ajoutons à ces traits caractéristiques des femmes de nos jours, qu’elles n’abandonnent pas aux hommes seuls le soin de détruire les mœurs par le ridicule, elles se plaisent aussi à exercer cette police de la licence ;