Page:Curchod - Réflexions sur le divorce, 1881.djvu/121

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
111
SUR LE DIVORCE

Mais où placerez-vous le divorce dans cette allégorie incomparable ? Sera-ce dans le temple ou dans la cabane ? à coté des dieux qui punissent le parjure, ou près de ceux qui n’ont jamais cessé de leur obéir et de les adorer ?

Pauvre nature humaine ! chancelante par le poids des ans, une main tremblante pourroit encore se joindre à ta main tremblante, le divorce vient te ravir cette dernière consolation. Faudra-t-il que la tombe se referme sur des cœurs sensibles sans qu’elle soit arrosée de quelques larmes ? Jeunes gens sans prévoyance, tout vous paroît infini sur la terre ; vous puisez le temps sans mesure, et bientôt il n’existera plus pour vous ; ou, si quelque secrète inquiétude vous avertit enfin de la brièveté de la vie, vous cherchez à vous déguiser cette pensée, et vous demandez au monde et à ses distractions un abri contre vos alarmes. Mais ne vaudroit-il pas mieux préparer à l’avance votre asile dans une âme tendre et vertueuse, dans un cœur véritablement à vous ; et n’est-il pas raisonnable de sacrifier à ce dessein quelques volontés capricieuses, quelques rapports passagers de figure, d’esprit ou d’opinion ? Ah ! si nous pou-