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SUR LE DIVORCE

conjugale ; j’ajoute qu’elle rend ce bonheur impossible.

Le mot société, en l’appliquant au mariage, est pris dans toute la force de son étymologie ; il signifie le partage réel et continuel des biens et des maux de la vie. Tout prouve que les lois et les mœurs, qui donnent le fini aux grands traits de la loi, ont cherché jusqu’à présent dans la société conjugale des ressources efficaces contre la solitude de l’existence. Les lois ont fortifié l’institution de la nature en déclarant que les familles et les titres seroient communs entre les époux ; que les doux noms de père et de mère, de frère et de sœur seroient partagés et confondus par eux ; adoption qui semble revenir sur le passé, et former, dès les premiers jours de la vie, des nœuds et des devoirs, dont l’empire embrasse tout le temps de notre existence. C’est dans le même esprit d’identité que les lois entrent en compte avec les femmes des travaux de leurs maris, et même de leur vie. Enfin les mœurs ont fortifié, par leurs insinuations, toutes ces injonctions des lois : ainsi l’usage, qui dérive toujours des mœurs, oblige les époux d’observer l’un pour l’autre les règles