Page:Curchod - Réflexions sur le divorce, 1881.djvu/66

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réflexions

contrat, moyen qui favoriseroit toujours le plus immoral des époux.

Je sais qu’il ne faut pas prendre des engagemens téméraires ; mais celui de remplir son devoir ne peut jamais l’être. Ce mépris qu’on a jeté sur les vœux tombe seulement sur des vœux formés contre la nature, ou pour des objets indifférens et même nuisibles à la société ; car les sermens sont aussi des vœux ; toutes les paroles données de bouche ou par écrit sont des vœux ; et enfin, pour toute femme honnête, le vœu de la fidélité dans le mariage étoit déjà irrévocable avant d’être prononcé : il faut même consacrer par des vœux les devoirs difficiles à remplir, comme il faut étayer de plusieurs arches les ponts qu’on jette sur des torrens. L’identité parfaite d’intérêt et de sentiment dans le mariage est peut-être aussi nécessaire aux hommes qu’aux femmes : elles ont besoin d’appui, mais ils ont besoin de consolation, et les femmes sont plus propres que les hommes à partager et à diminuer les amertumes de la vie : il faut en accepter celles que la société a détériorées, et qui ont manqué le but de leur existence en faisant un pacte avec l’amour-propre, ce démon corrupteur de