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réflexions

que manière, l’honorable et flatteuse répétition de notre vie passée, et qu’ayant reçu de nous la naissance, ils nous feront renaître à leur tour ; et en effet, le mérite de nos enfans double nos jouissances, en ajoutant leurs vertus à nos vertus et leurs succès à nos succès. Tel fut cet heureux père qui mourut de joie aux jeux Olympiques dans le moment où ses trois fils, prosternés à ses genoux, lui faisoient hommage à l’envi des trois couronnes qu’ils venoient de remporter sous ses yeux. Mais ces nouvelles vies ajoutées à la nôtre, cette nouvelle espèce d’identité ne peut s’obtenir, comme nous le verrons bientôt, que par la continuité d’une union pure et indissoluble.

Les qualités, le mérite de nos enfans, ne sont pas l’unique source du bonheur qu’ils nous procurent : des époux qui s’aiment goûtent encore un plaisir délicat en voyant leurs images réunies dans leur fils ou dans leur fille, comme en un seul tableau ; ils s’y retrouvent embellis par toutes les grâces de la jeunesse, et ce spectacle réveille en eux une longue suite de sentimens agréables : quelquefois même un époux tendrement aimé se voit seul tout entier dans les traits