Page:Curwood - Kazan, trad. Gruyer et Postif.djvu/238

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hasard ne lui eût fait retrouver la même bête qu’il avait eue déjà en sa possession et à qui il avait rendu la liberté.

Tout en estimant que lui redonner cette liberté était devenu inutile, puisque sa compagne sauvage avait disparu, à tout jamais sans doute, le professeur s’efforçait, de tout son pouvoir, d’obtenir les bonnes grâces de Kazan.

Ces avances demeuraient sans succès. Elles n’amenaient dans les yeux du chien-loup aucune lueur de reconnaissance. Il ne grognait pas à l’adresse de Weyman et ne tentait pas de lui mordre les mains lorsqu’elles se trouvaient à sa portée. Mais il ne manifestait nul désir de devenir amis. Le danois gris, au contraire, s’était fait rapidement familier et confiant.

Parfois, sous un prétexte ou sous un autre, Mac Trigger venait rendre visite à la petite cabane de bûches, qu’en compagnie d’un domestique habitait Paul Weyman, au bord du Grand Lac de l’Esclave, à une heure environ de Red Gold City.

Alors Kazan entrait en fureur et tirait sur sa chaîne par bonds frénétiques, afin de se jeter sur son ancien maître. Ses crocs ne cessaient pas de luire et il ne se calmait qu’en se retrouvant seul avec le professeur.

Un jour, comme la même scène s’était renouvelée, Sandy Mac Trigger dit à Paul Weyman :

— C’est un stupide métier que d’essayer de s’en faire un camarade !

Puis il ajouta brusquement :

— Quand démarrez-vous d’ici ?

— Dans une huitaine, répondit le professeur. Les premières gelées ne vont pas tarder. Je dois rejoindre le sergent Comoy et ses hommes au Fort du Fond-du-Lac, le 1er octobre.

— Comment effectuez-vous ce voyage ?

— Une pirogue viendra me chercher avec mes baga-