Page:Cuvier - Recueil des éloges historiques vol 1.djvu/210

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Les insultes dont on l'accablait et la crainte de compromettre encore une fois la vie et la fortune de ses amis lui rendirent enfin le séjour de sa patrie intolérable. Son nouvel établissement d'Hackney, où son industrie et sa patience lui avaient déjà fait réparer une partie des désastres de Birmingham, ne put le retenir ; et comme venir en France pendant la guerre eût été justifier toutes les imputations de ses ennemis, il n'entrevit de repos que dans les États-Unis d'Amérique ; mais il fut longtemps sans l'y trouver : les préventions anglaises le poursuivirent au delà des mers, et jusqu'à l'avénement de M. Jefferson à la présidence, il ne fut point sans crainte d'être encore obligé de quitter cet asile.

La dédicace qu'il fit de son Histoire ecclésiastique à ce grand magistrat, en reconnaissance de la tranquillité qu'il lui rendit, et la réponse de M. Jefferson, offrent de beaux modèles des rapports qui peuvent exister entre les gens de lettres et les hommes en place, sans avilir ni les uns ni les autres[1].

Priestley se proposait de consacrer le reste de sa vie à cet ouvrage, où il devait réunir en un seul corps les développements et les preuves de toutes ses opinions théologiques ; mais il fut arrêté au quatrième volume par un accident funeste. Ses aliments se trouvèrent un jour empoisonnés, on ne sait par quel malheur ; toute sa famille fut en danger, et lui-même ne fit dès lors que

  1. Nous prévenons que nous sommes loin d'avoir cité tous les ouvrages de Priestley ; nous avons même remarqué qu'il n'en existe point encore de catalogue complet.