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ÉLOGE HISTORIQUE

DE G. CUVIER,

PAR M. FLOURENS,

secrétaire perpétuel,

lu à la séance publique du 29 décembre 1834.




Lorsqu’une nation perd un de ces hommes dont le nom seul suffirait à la gloire d’une nation et d’un siècle, le coup qu’elle en ressent est si profond, et sa douleur est si générale, qu’il s’élève de toutes parts des voix pour déplorer le malheur commun. C’est à qui s’honorera d’un regret public sur leur tombe ; c’est à qui s’empressera de faire connaître tout ce qu’il a pu savoir de ces vies illustres et si glorieuses à l’humanité.

Voilà ce qui devait arriver, et ce qui est arrivé, en effet, pour M. Cuvier. Des savants, des écrivains célèbres, plusieurs Académies même, ont déjà publié de nombreux détails sur sa vie et sur sa personne ; et l’Académie des sciences vient aujourd’hui trop tard pour avoir rien de nouveau à dire sur le grand homme qu’elle a perdu.

Mais, parmi les travaux sur lesquels repose sa renommée, il en est qui appartiennent plus particulièrement à cette Académie, et dont l’étude est loin d’avoir été épuisée encore : je veux parler des progrès que les sciences naturelles ont dus à M. Cuvier, progrès qui ont renouvelé toutes ces sciences, et qui les ont si fort étendues, qu’ils ont réellement étendu par elles la portée de l’esprit humain et le domaine du génie.