Page:D'Auvergne - Le trépassement et l'assomption de Notre Dame, 1488.djvu/3

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Cy ſenſuyt le liure du treſor de ſapience / lequel fiſt et compoſa maiſtre iehã iarſon docteur a paris ou il y a de bonnes doctrines


ſOuuerin roy de paradis / quant ie ramaine a mon courage & a ma memoire q̃ tu es mon dieu / et tu mas cree par diuine puiſſance / & q̃ ie ne ſcay ſeie fis oncques choſe qui fuſt digne deſtre preſente deuant toy.

Mõ poure cueur trãble de la paour de ta iuſtice. Car ie ſcay & congnois que ie ay mal vſe mon tẽps paſſe. Qu eſt il vray que en toutes les oeuures que creature peut faire celle eſt la principale qui tend a bonne fin. Mays pource que au monde a pluſieurs manieres de viure et que on a trouue tant de diuerſes doctrines et ſciences que tout le monde eſt plain deſcriptures de liures en latin et en francoye / et en pluſieurs auſtres langaiges q̃ parlent moult ſubtillement des vices & des vertus de noſtre ſeigneur & de pluſieurs autres choſes et queſtions. Que ſe ie vouloie tout cercher & eſtudier mõ aage ne ſouffreroit mie pour ce faire Q ſapience perdurable qui eſtes prince et ſeigneur du ciel et de la terre / et qui as en toy tout le treſor de toutes ſciences Je te ſupplie de fin cueur & de ſouuerain de fir que de toutes ces eſcriptures tu me vueilles extraire vng petit liure & vne petite briefue doctrine cõme tu ſces q̃l eſ affaire / par laquelle tant que mõ ame et mon corps feront conioinctz enſẽble ie me puiſſe diſpoſer a toy aimer craindre & doubter & faire choſe qui te ſoit aggreable affin que quant par tõ cõmandemẽt mon ame cõuiẽdra partir de ce mon-