Page:Désorgues - Voltaire, ou le Pouvoir de la philosophie, 1798.djvu/18

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Et sur son char pompeux l’époux que de sa main
Il conduisit pour elle au temple de l’hymen !
Du char en la voyant le conducteur s’élance ;
Sur son sein agité par la reconnaissance
Il la presse, et mêlant leurs pleurs délicieux,
Le nom du bienfaiteur s’élève jusqu’aux cieux.

À ce concert des cœurs, à ce sublime hommage,
Le Fanatisme aigri redouble encor sa rage ;
Jusqu’à ce Panthéon où l’auteur de Brutus
S’avance environné de gloire et de vertus
Il poursuit le cortège, et sa fureur fatale
Pense encor arrêter sa marche triomphale :
Il rassemble sous lui ses nombreux favoris,
Et d’un nouvel orage épouvante Paris.
Le Destin en ce jour lui rendant son audace,
Arme son double front d’orgueil et de menace ;
Il lui soumet les flots et les feux des enfers,
Et veut d’un, grand spectacle étonner l’univers :
Mais en vain l’aquilon de son aile bruyante.
Roule au loin l’ouragan sur la plaine tremblante,
En vain pour l’inonder les humides autans
Entrechoquent dans l’air les nuages flottants ;
Le monstre en vains efforts épuise sa colère.
Qui peut anéantir le flambeau de Voltaire !
Secouant ce flambeau sans cesse ranimé,
Le vieillard à ses yeux le présente enflammé ;
Tel que le bouclier de l’enchanteur Atlante
Dont le rapide éclat terrassait d’épouvante,
Il poursuit, il abat le monstre foudroyé ;
Vainement il relève un front humilié,