Page:Désorgues - Voltaire, ou le Pouvoir de la philosophie, 1798.djvu/24

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Contemple ce nouveau sénat,
Qui, fondé par ton éloquence,
Avec les destins de la France
Porte ton solemnel Contrat.

Ainsi, lorsqu’aux bords du Sigée
Les Grecs, enfin victorieux,
D’Achille par leurs dons pieux.
Calmèrent la cendre outragée,
Il vint sceller leur union,
Et son ombre, appela les larmes
D’un peuple héritier de ses armes,
Et par lui maître d’Ilion.

Plus grand que l’invincible Achille,
Triomphe au milieu de ton deuil :
Vois l’enfance orner ton cercueil
Et réaliser ton Émile :
Le père, instruit par tes vertus,
S’applaudit d’une race libre,
Et, rival des héros du Tibre,
Il trouve en ses fils des Brutus.

Vois ce sexe, l’écueil du sage,
Dont tu sentis les traits vainqueurs ;
Que d’Héloïses de leurs cœurs
T’adressent le brûlant hommage !
Tu leur inspires tour-à-tour
Le plus généreux fanatisme,
Et les conduits à l’héroïsme
Par le délire de l’amour,