Page:Désorgues - Voltaire, ou le Pouvoir de la philosophie, 1798.djvu/25

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
(24)

Ces mères, désormais plus justes,
S’ornant de leur fécondité,
Au vain éclat de leur beauté
N’immolent plus des soins augustes ;
Du bonheur que tu leur promis
Goûtant déjà la pure ivresse,
Elles retrouvent leur jeunesse
Dans la jeunesse de leurs fils.

Ces fils, leur plus riche parure,
Innocent et folâtre essaim,
N’ont connu que le chaste sein
Où les enfanta la nature :
Leurs bras sont étendus vers toi :
Développé par ta présence,
L’instinct de la reconnaissance
Déjà les soumet à ta loi.

Que Sparte, ô le premier des sages,
Contemplerait d’un œil jaloux
Le spectacle de ces époux,
Aussi puissant que tes ouvrages !
Mais faut-il qu’en ce jour heureux,
Troublant l’alégresse commune,
L’orgueil, puni par l’infortune,
T’offre ses tributs douloureux ?

Une femme de cette fête
Attriste les riants tableaux :
Que nous présagent ses sanglots ?
Quels revers ont blanchi sa tête ?