Page:D’Archiac - Introduction à l’étude de la paléontologie stratigraphique - Tome 1.djvu/110

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

des eaux. La première condition est résolue affirmativement, puisque pour lui les granites sont parfaitement en couches, ou stratifiés, comme nous dirions aujourd’hui. Dans quelques cas cependant où cette disposition n’est pas apparente, comme dans les montagnes peu élevées, il explique cette exception par des phénomènes ultérieurs qui auraient fait disparaître les fissures indiquant les plans des couches. Quant à la seconde condition, elle n’est point remplie à la vérité, mais il ne la trouve pas absolument nécessaire, par cette raison, dit-il qu’il n’y a pas non plus de fossiles dans les couches secondaires immédiatement superposées, lesquelles cependant, de l’aveu de tous, ont été formées dans la mer, et parce qu’il s’en rencontre dans ces mêmes roches lorsqu’on descend vers les basses montagnes et dans la plaine. Les eaux de l’Océan primitif ne renfermaient point les éléments de la vie qui s’y sont développés peu à peu.

En revenant ensuite dans la vallée de Chamouni, de Saussure étudie le Montanvert, les glaciers qui l’avoisinent et le Brévent [1]. Les granites veinés et feuilletés lui suggèrent toujours les mêmes réflexions et les mêmes doutes sur leur mode de formation, et il ne peut se résoudre à admettre des redressements si fréquents et si réguliers ; il en est de même des granites veinés ou en masse, feuilletés ou sans divisions, qui auraient une origine semblable.
Poudingue de Valorsine

Lors d’un premier voyage fait en 1776, allant visiter les sources de l’Arve, non loin de Valorsine, « je trouvai, dit de Saussure, des choses auxquelles je ne m’attendais point, et qui étaient bien plus intéressantes que les sources ; cependant j’ai cru devoir y retourner encore une fois l’année dernière (1784) pour observer avec attention les objets que je vais décrire. » Ce sont des schistes gris et lie de vin, remplis de cailloux arrondis ou anguleux, de diverses natures et de diverses grosseurs, disposés en couches verticales, et qu’il n’hésita pas à regarder comme ayant dû être formés horizontalement et redressés ensuite après leur consolidation.

  1. Voyage dans les Alpes, vol. II, p. 59, 1786.