Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/145

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biller la mignonne, que je retiens dans mes bras quand elle lève la jambe, perdant presque l’équilibre pour se faire déchausser. Enfin le dernier voile tombe, nous laissant admirer le chef-d’œuvre de pucelle, rose et blanche, la figure empourprée d’une honte pudique, cachant avec ses deux mains, qui ne sont pas assez grandes pour la couvrir en entier, la belle toison noire, aux poils frisés et courts, qui monte très haut sur un ventre poli comme de l’ivoire ; au-dessus, se balancent les deux frères ennemis, ronds et fermes, berçant les deux petits boutons de roses, au milieu des lis immaculés. Je ne puis m’empêcher de manifester mon admiration, tout en regardant la comtesse, pour voir sur ses traits si mon enthousiasme ne lui était pas désagréable ; elle semblait, au contraire, fière de son triomphe. « Eh, bien, que vous en semble, monsieur le gourmand, dit-elle ? Que dîtes-vous de cette petite merveille toute neuve qui, à part quelques tendresses intimes de sa maîtresse, est vierge depuis ses petits ongles roses, ajouta-t-elle, en embrassant les petits pieds, jusqu’à ses blonds cheveux. » J’avais presque un scrupule