Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/174

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


la main, secouées comme par un frisson électrique, s’affaissant pantelantes, en poussant des cris de rage amoureuse.

Quand nous sommes seuls dans la chambre à coucher, la comtesse, sans attendre que je lui en demande l’explication, me met au courant de ce brusque départ. Elle voulait consacrer quelques jours à sa passion du moment, à l’exclusion de ses relations extérieures ; au retour, on pourrait les reprendre. « Si donc, ajouta-t-elle, vous voulez être des nôtres, nous partirons demain pour l’Andalousie. J’ai à Séville un petit hôtel, où nous vivrons en famille ; car si vous êtes du voyage, je n’aurai rien à désirer entre Cécile et vous, et, bien entendu, mes bien-aimées soubrettes, dont je ne saurais me séparer. Quand nous serons las de cette existence, je compte trois semaines, nous reviendrons à Paris reprendre nos joyeux passe-temps. » — Libre de ma personne et de ma fortune, enchanté de passer trois semaines dans un aussi aimable tête-à-tête, je me hâtai d’accepter, trop heureux de ne pas me séparer de mes adorables amies.

La comtesse me laissa seul un moment, et