Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/173

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explication, en leur promettant toutefois, qu’à son retour d’Espagne, elle les retrouverait avec le plus grand plaisir du monde, et que leurs relations reprendraient de plus belle. Il fallut bien accepter ce qu’elle nous disait. Après avoir monté et descendu toutes les gammes des récriminations, les dames en prirent leur parti, demandant que, puisqu’elles allaient être sevrées d’amour si longtemps, on les en saturât aujourd’hui. On répéta en leur honneur les divers exercices, qui faisaient le charme de nos réunions, la comtesse et moi les gavant, tout en ménageant nos forces le plus possible. À minuit, fatiguées mais non rassasiées, on leur sert le coup de l’étrier. Ce fut le plus touchant, elles pleuraient de deux côtés à la fois. Enfin, elles reprennent leurs vêtements ; nous aussi, pour les accompagner jusqu’à leurs voitures. Au bas de l’escalier on se saute au cou pour un dernier adieu ; on s’embrasse, on se becquète, on s’échauffe si bien que les soubrettes, voyant le trio palpiter, tombent à leurs pieds, et disparaissent sous les jupes. Ce dernier adieu dura trois minutes, au bout desquelles les trois amies, qui se donnaient