Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/182

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


que je pousse l’amour, violent, viril, dans l’obscur réduit, séparé par une mince cloison du tendre voisin, auquel il communique son ardeur. D’un côté, le velours des lèvres féminines, la douceur ineffable, de l’autre, l’attente brutale du mâle, unissant leurs vertus pénétrantes, vont faire suer à ce corps palpitant, la volupté par tous les pores. Je sens bientôt la douce victime trembler comme une feuille, et si elle n’était pas retenue par dix bras amoureux qui l’enlacent, elle s’écroulerait anéantie, quand, sous les cinq ardentes bouches qui la dévorent de leurs baisers de feu, et sous la verge qui l’inonde de sa liqueur brûlante, elle voit les anges et connaît les joies divines. Elle reste longtemps plongée dans une pâmoison extatique, car mon membre, étranglé dans son étroit réduit, y recommence et y termine une nouvelle carrière, sans que la mignonne ait cessé de se tordre dans les transports les plus voluptueux ; et quand je me retire, elle reste pantelante dans les bras de Lola.

Du massage il n’en fut plus question. Cécile, après les ablutions nécessaires, revenue dans la chambre, vient me sauter au cou. Les yeux,