Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/38

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s’avancer, réfléchie par une glace, le sourire sur les lèvres : je me retourne, et je lui saute au cou.

« Sancta Maria, que vous êtes donc brusque, mon ami, » s’écria-t-elle. « Ne vous semble-t-il pas que nous devions nous entendre un peu, avant de recommencer nos folies ? Je ne regrette rien de ce qui s’est passé entre nous ; mais je tiens à vous prévenir de mes volontés, pour que vous ne soyez pas surpris de mes caprices. Mon cher gentilhomme, je suis très capricieuse. Vous avez pu vous apercevoir que mes goûts ne sont pas ceux de tout le monde, ni les goûts communs à mon sexe. Jusqu’ici, après un essai peu engageant du mâle, je ne brûlais que pour mes pareilles. Vous êtes venu détruire un préjugé, et vous m’avez convaincue d’hérésie ; vous en aurez le bénéfice ; mais je ne suis pas pour cela guérie de mon péché mignon, et, bien que je sois à vous, à vous seul, des hommes s’entend, vous ne trouverez pas mauvais que je continue à satisfaire mes penchants féminins, sans jamais en montrer de ressentiment. À ces conditions, mon cher Hercule, car ce doit être votre nom, je serai pour vous Mercédès, la tendre Andalouse,