Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/5

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une invite au beau sexe, à moins que le hasard ne fût le seul parrain, ce qui ne paraissait guère vraisemblable, et bien qu’on connut le véritable état-civil de la dame, on ne la désignait que sous le nom qu’elle prenait sur ses cartes : comtesse de Lesbos. Des bruits singuliers couraient dans le voisinage ; on ne voyait jamais entrer un homme dans l’hôtel, tout le personnel était féminin ; on prétendait même que le cocher, malgré les imposants favoris qui encadraient sa mâle figure, était un automédon femelle. Il en eût fallu moins pour exciter la curiosité, et pendant un mois, des reporters aux aguets, payèrent fort cher des renseignements très vagues. Les trois soubrettes, qui vaquaient aux soins extérieurs du ménage, causaient volontiers de tout, excepté des choses du dedans, ayant, sans doute, un grand intérêt à se taire. Fort jolies, avenantes, chacune d’une beauté différente, une blonde, une brune et une châtaine, elles étaient courtisées par les fournisseurs, qui en étaient d’ailleurs pour leurs frais de galanterie.

La comtesse se montrait à l’Opéra, aux premières, aux expositions, au Bois, toujours ac-