Page:D - La Comtesse de Lesbos, 1889.djvu/59

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madone, qu’elle couvre des yeux. La flamme que jettent ses prunelles étincelantes, dit la violente envie qui la brûle ; si je n’avais pas pris mon parti des caprices de la folle gougnotte, j’aurais eu beau jeu d’être jaloux ; mais l’ardente Andalouse, déjà à genoux, se glisse sous les jupes de la dame blonde, y disparaît, et s’y livre, pendant quelques minutes, au jeu qui lui est aussi cher que familier. J’avais la belle créature en face ; la pantomime de ses traits, ses yeux luisants de désirs amoureux, son petit nez, dont les ailes roses battent l’air, comme pour respirer plus fort, le mouvement des lèvres, lançant des baisers dans le vide en découvrant une rangée de perles éblouissantes, tout en elle disait éloquemment le délicieux plaisir qui l’envahissait. Bientôt ses paupières battent plus vite, son teint s’anime, son sein palpite, soulevant le corsage, ses mains pressent la nuque sous les jupes ; je la vois trembler de tout son corps, ployant sur ses genoux, qui semblent ne plus pouvoir la soutenir. Je vois enfin la figure de la comtesse émerger toute rouge de dessous les jupes ; dès qu’elle est debout, elle plante ses lèvres sur