Page:Dancourt-Les oeuvres de monsieur Dancourt-Vol7-1729.djvu/39

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COMÉDIE.

Vous en avez auſſi, vous, dont il faut uſer,
Il veut vous marier à ſon gré, comme pere ;
Et comme fille, vous, vous n’en voulez rien faire.
C’eſt n’être pas d’accord ; mais je crois qu’aujourd’hui.
L’affaire dépendra de vous plus que de lui.


ISABELLE.

Elle eſt de fort bon ſens & dit fort vrai, Jacinte.


LÉONOR.

Mais D. Garcie enfin ſcait-il quelle eſt ma crainte ?
Les deſſeins de mon père…


JACINTE.

Les deſſeins de mon pèreOui, Madame, il ſçait tout ;
Mais on l’aime, eſt-il rien dont il ne vienne à bout ?
Pour D. André déjà la choſe eſt réſoluë ;
Autant de mort, en cas qu’il paſſe dans la ruë.
Si de plus de cent pas il oſe en aprocher…


ISABELLE.

Ah ! fort bien ; de quel droit prétend-il l’empêcher ?
Mon frere penſe t’il me tenir en tutelle ?


JACINTE.

Quoi ! comment…


LÉONOR.

Quoi ! comment…D. André eſt l’Amant d’Iſabelle ;
Elle ſeule eſt l’objet de ſes pas, de ſes ſoins.


JACINTE.

Sérieuſement ?


ISABELLE.

Sérieuſement ? Oüi.


JACINTE.

Sérieuſement ? Oüi.Bon ! c’eſt un mores de moins.
Car pour celui qui vient ici dans l’eſperancce
Qu’il fera vôtre époux, plus il fait diligence,