Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/34

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pour les débauches de cabaret auxquelles ils ſe livrent beaucoup moins par goût que pour ſuivre la mode ; faiſons leur ſentir que ces rubans, ces pompons, ces collifichets dont ils ſont affublés les rendent ridicules aux yeux du Sexe, & que la licence de leurs propos les rend auſſi mépriſables qu’une converſation galante & ſenſée les rendroit aimables aux yeux de perſonnes dont ils déſirent la conquête. Apprennons aux Médecins que leur jargon & leur pédantisme prouve leur ignorance, & qu’un homme vraiment ſavant n’employe jamais de termes barbares pour s’expliquer parce que le plaiſir de ſavoir ne peut être ſenti que lors qu’on peut ſe faire entendre, c’eſt ce qui fait que les habiles gens ſe font toujours très aiſément comprendre même en traitant les matieres les plus abſtraites.

» Attaquons les vices en général, qu’ils ſoient toujours les objets de nôtre critique ; puiſſe le Ciel en ſecondant nos travaux les en rendre la victime.

Moliére a ſurement réuſſi dans ſon projet autant qu’aucun Philoſophe qui ait entrepris de réformer les hommes. Il a corrigé nos Marquis de leur ſtile effronté qu’on ne retrouveroit plus aujourd’hui que dans la bouche des laquais ; il a dégoûté des parties de cabaret, au point qu’une bonne partie de nos artiſans même rougiroient qu’on peut leur reprocher un goût ſi crapuleux.

Si nos petits-Maitres n’ont pas moins de