Page:Dante - La Divine Comédie, traduction Lamennais volume 1, Didier, 1863.djvu/244

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L’ENFER.

41. « Qu’est-ce donc ? Pourquoi, pourquoi t’arrêtes-tu ? Pourquoi héberges-tu tant de lâcheté dans ton cœur ? Pourquoi manques-tu d’ardeur et de courage,

42. « Quand trois telles dames bénies ont souci de toi dans le ciel, et qu’un bien si grand te promettent mes paroles ? »

43. Comme les tendres fleurs inclinées et fermées par la gelée nocturne, lorsque le soleil blanchit relèvent leur tige et s’ouvrent :

44. Ainsi fut-il de mon courage lassé, et une ardeur si vive me revint au cœur, qu’avec hardiesse je dis :

45. — O compatissante celle qui m’a secouru ! et toi courtois, qui as si vite obéi à ses paroles vraies !

46. Tu m’as, enflammant le désir, tellement par tes paroles disposé le cœur au venir, que j’ai repris mon premier dessein.

47. Va donc ; à tous deux est un seul vouloir : toi guide, toi seigneur, et toi maître !... Ainsi lui dis-je, et lorsqu’il se mut,

J’entrai dans le chemin profond et sauvage.