Page:Dante Alighieri - La Vie nouvelle, traduction Durand Fardel.djvu/144

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gracieuse et poétique avait sans doute empruntée à des souvenirs païens. Ces fêtes du renouveau se célébraient du reste également dans les pays environnans[1]. Réjouissances publiques et fêtes particulières mettaient alors la ville en liesse.

Un signor Folco Portinari donnait à cette occasion une fête privée. L’Alighieri, père de Dante, était au nombre des invités. Ce Folco Portinari était un personnage riche et considérable dans le parti Guelfe.

À cette époque, il n’y avait pas à proprement parler d’aristocratie à Florence. Celle-ci ne s’y est établie, au profit des marchands riches, que plus tard, après que les Médicis eurent introduit dans la république Florentine des institutions plutôt monarchiques. Il y avait seulement là comme partout des gens riches et des gens qui ne l’étaient pas, et des familles prépondérantes par leur fortune ou leur popularité. Il y avait aussi, auprès de la ville, des châteaux où vivaient retirées de vieilles familles, boudeuses, souvent besoigneuses qui, en face d’une cité où le travail, l’industrie, le commerce appelaient la fortune, nourrissaient leur inaction de souvenirs, de ran-

  1. Bédier, les fêtes de Mai et les commencemens de la poésie lyrique en France (Revue des Deux Mondes, 1er mai 1896).