Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/106

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réjoui, pas trop bête, assez honnête homme. Comme il aime à rire, il a blagué le père Toussaint à propos d’une foule de choses ― je ne sais pas au juste à propos de quoi. ― Il s’est moqué de Germaine aussi ― c’est elle-même qui me l’a dit. ― Il prétend qu’elle ressemble à un hérisson. De plus, Dubois passe pour être libéral et mon grand-père prétend que « c’est un rouge ».

— Oui, un rouge ! Il ne va jamais à la messe, d’abord.

Mon grand-père non plus ; mais il envoie, tous les dimanches, Germaine à la messe et aux vêpres. Elle va à la messe pour son propre compte et aux vêpres pour celui de son maître.

— Je vous dis que c’est un partageux ! Est-ce que, sans ça, il laisserait les va-nu-pieds envahir la commune ? On ne peut pas mettre le pied dehors, le soir, sans marcher sur un vagabond. Il y en a tout un chapelet, le long du chemin. Et puis, il a voté : Non, au plébiscite. J’en suis sûr ! Ah ! si j’avais voulu dire ce que je sais, il ne serait peut-être pas maire, à cette heure ! Il a eu de la chance d’avoir affaire à des gens discrets… Moi, voyez-vous, j’aimerais mieux me faire couper en petits