Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/105

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a préparés. Germaine est un vrai cordon-bleu et mon père lui fait des éloges.

― Ah ! monsieur, ne me faites pas de compliments… les compliments, voyez-vous, ça me fait tourner la tête, et je serais capable de manquer mes pets-de-nonne.

― C’est vrai, ça ! s’écrie mon grand-père, elle n’aime pas les compliments… Je ne lui en fais jamais et pourtant, bien souvent, elle ne les aurait pas volés.

Ma sœur, qui doit être au courant de bien des choses, rougit jusqu’aux oreilles. Le bonhomme s’en aperçoit ; immédiatement, il change de sujet de conversation :

― Figurez-vous, Barbier, que ce scélérat de Dubois…

Le voilà parti, et pour de bon. Il enfourche son dada et ne le lâche pas. Dubois, par-ci, Dubois, par-là ; Dubois est un misérable ; Dubois ne vaut pas la corde pour le pendre…

Dubois est le maire de Moussy-en-Josas. Il a été nommé il y a six mois environ, au désespoir de mon grand-père qui avait fait des pieds et des mains pour arriver à décrocher l’écharpe tricolore. Dubois possède la plus belle ferme du pays ; c’est un gros garçon