Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/118

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voix, où je découvre avec terreur les canons de fusil d’une embuscade.

Enfin, au détour du chemin, le rideau sombre de la forêt se déchire. Encore quelques pas, et nous serons sur la grand’route.

Nous y sommes. Il me semble qu’on me décharge les épaules d’un poids énorme, mais je ne respire librement que lorsque nous atteignons les maisons qui précèdent la ville…


À la porte de la rue des Chantiers, il y a un remue-ménage impossible. Les gardes nationaux d’un poste qu’on a dû installer dans la journée, discutent à grands cris avec une douzaine de voituriers dont les charrettes restent en panne, le long du trottoir.

— Alors, il n’y a plus moyen de passer ?

— Vous passerez quand le chef de poste aura examiné vos papiers.

Un charretier s’esclaffe.

— Le chef de poste ! Je l’ai au cul, le chef de poste ! Attendez un peu, pour voir, que les Prussiens arrivent. Ils vous en donneront du papier pour vous torcher les fesses, eh ! soldats du pape.

Là-dessus, c’est un tollé général. Le fac-