Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/130

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en personne, songez donc aux malheurs irréparables qui peuvent résulter d’une résistance inutile.

― Je ne songe à rien, quand j’ai le sol sacré de la patrie à défendre.

― Pensez aux ruines de toutes sortes, aux veuves et aux orphelins…

― Je pense à la patrie !

― Mais par pitié…

― Pas de pitié…


On dirait que les autorités ont pris les avis de M. Legros, car elles font afficher des décisions impitoyables. Ordre est donné par la préfecture de mettre le feu aux granges, de détruire par la flamme toutes les meules du département et d’incendier en même temps avec du pétrole les bois qui entourent Versailles. Des francs-tireurs se répandent dans les campagnes pour mettre ces ordres à exécution.

Il paraît que ce n’est pas la crème des honnêtes gens, ces francs-tireurs. Les paysans ne veulent voir en eux que des maraudeurs et se déclarent prêts à les repousser par la force. La préfecture est obligée de rapporter ses ordonnances et de faire afficher une procla-