Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/143

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― Oui, oui ! je le soutiens ; et il a bien fait. Vous entendez ? il a bien fait !

― C’est infâme ! crie mon père.

― C’est votre sale République qui est infâme ! Rien n’était perdu si le gouvernement impérial était resté debout. Avec votre République, vous allez voir… Quelque chose de propre, votre Marianne !

― Espèce de Prussien !

― Badingueusard !

― Mauvais patriote !

― Aussi bon que vous, nom d’un chien !… Et puis, d’abord, je m’en fiche, moi !… Plus d’Empereur, je ne donne pas quatre sous de la France !… Je m’en fiche !… Vive l’Empereur !

― À bas Badinguet ! hurle M. Legros.

― Criez donc : Vive l’Empereur ! comme le mois dernier. Ça vous va mieux, sans-culotte manqué !

Des huées couvrent la voix de M. Pion.

― C’est scandaleux !… C’est infâme !… À bas Badinguet !… À bas la Marianne !…

― On devrait vous fusiller !…

M. Pion s’élance vers M. Legros qui a prononcé la dernière phrase.

― Vos osez dire… me menacer… vous !