Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/144

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vous ! Parce que vous avez tourné casaque…

M. Beaudrain cherche à s’interposer.

― Permettez ! Messieurs, permettez !…

Mais mon père met la main sur l’épaule de M. Pion.

― Monsieur… nous sommes ici des patriotes… monsieur… vous devez comprendre que votre présence… désormais…

M. Pion se retourne, tout d’une pièce.

― Oui, je m’en vais. C’est ce que vous voulez, hein ?… Et je ne suis pas près de remettre les pieds chez vous… C’est égal, Barbier, vous n’avez pas été long à changer votre fusil d’épaule… Moi, je joue franc jeu. Vous entendez ? Je ne tourne pas casaque, moi !

Et il sort, en faisant claquer la porte.

― Il n’y avait qu’à l’expédier, dit mon père en se frottant les mains. Avez-vous jamais vu un animal pareil ! Et il croyait nous faire peur… Il n’a jamais coupé cinq bras à deux Suisses, peut-être… Qu’est-ce que vous dites de ça, monsieur Merlin ?

― Je dis que c’est une belle chose qu’une conviction solide.

― Certainement, appuie M. Legros. On est républicain ou on ne l’est pas.