Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/152

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reste plus qu’à aller me cacher dans ma chambre.

Mais Catherine m’arrête au passage, sur la première marche de l’escalier. Elle a une lettre à la main.

— Monsieur Jean, voulez-vous me lire cette lettre ?

Catherine ne sait pas lire. C’est moi qui suis chargé de dépouiller sa correspondance.

— Ce n’est pas encore de mon frère. C’est de mes parents. Je reconnais l’écriture du maître d’école. Il y a bien le timbre de Chatelbeau, Haute-Vienne, n’est-ce pas ?

— Oui.

— J’espérais que ce serait de mon frère. Il y a si longtemps que je n’ai pas reçu de ses nouvelles. Enfin ! voyons…

Je lis :


« Ma chère fille,

« Nous avons une nouvelle à t’apprendre avec beaucoup de ménagements, car elle est bien triste et nous ne voudrions point te donner un coup comme ta mère en a reçu en l’apprenant sans ménagements. C’est donc un grand malheur que nous ne nous y attendions