Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/163

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tions sont prises ; les barrières sont fermées et les postes qui les gardent ont ordre de n’ouvrir qu’à des parlementaires. Nous sommes à Versailles une douzaine de mille hommes au moins…

― Dont trois mille armés, dit le père Toussaint en ricanant. Et encore !

― C’est ce qui prouve, monsieur, que votre gendre a tort d’enterrer son fusil de chasse. Avec ce fusil-là, on pourrait armer un homme, donner un défenseur à la patrie.

― Allons donc ! ça ferait un fusil de plus à reporter à la mairie, après l’entrée des Prussiens, et voilà tout. Tenez, Barbier, voilà votre fusil et votre revolver… Voulez-vous que j’enveloppe aussi votre sabre, monsieur Legros ? J’ai encore des chiffons… Non ? Vous préférez le remettre aux Allemands ? Comme vous voudrez.

Mon père arrange les armes dans la fosse.

― C’est dommage, dit-il. J’ai un sacré diable de loir qui vient manger les fruits, la nuit. Je le guette depuis deux jours et j’aurais bien voulu finir par lui envoyer une charge de plomb dans les reins… Mais, à propos, monsieur Legros, vous me prêterez bien votre fusil, vous ? Vous me rendrez service.