Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/20

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― Mais non. Il fait encore trop chaud.

La vérité, c’est que je ne veux pas quitter les grandes personnes. Elles vont certainement parler de la guerre, des Prussiens, et je ne veux pas perdre un mot de ce qu’elles vont dire.

J’attends une bonne heure, prêtant l’oreille, tout en faisant semblant de m’intéresser aux fleurs, aux arbustes. Rien ; ils n’ont parlé de rien ; ça a joliment l’air de les occuper, la guerre ! Dieu de Dieu ! comme je m’ennuie !

Nous nous en allons, quand mon père se tourne vers Jules.

― Croyez-vous ? Cette vieille canaille de Thiers qui ne trouvait pas de motif avouable de guerre ?

― Ah ! Gambetta a marché, lui, répond Jules. Décidément, c’est mon homme.

― Peuh ! un drôle de pistolet !

Et mon père fait un geste de mépris pendant que ma sœur pince les lèvres.

― Oh ! moi, vous savez, reprend vivement Jules tout rougissant, je m’occupe si peu de politique…

― C’est comme moi, dit Mlle Gâteclair.

J’ai demandé la permission de rester une