Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/209

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quelle soumission ! cinquante coups de pieds au derrière !

Le père Merlin veut fermer la fenêtre.

― Oh ! attendons la fin, implore ma sœur, émerveillée.

Le père Merlin lui jette un regard étrange. Puis il pousse la croisée et tourne l’espagnolette.

― Vous trouvez donc ce spectacle bien intéressant, mademoiselle ?

― Oh ! c’est si amusant. Ce qui doit être bien drôle aussi, c’est la figure du soldat. Quel dommage qu’on ne puisse pas la voir.

― Eh ! eh ! si Frédéric II vivait encore ! dit M. Beaudrain. Ô grand homme ! s’écrie-t-il tragiquement, tu peux sortir de ton tombeau, tes enfants sont dignes de toi !

― Qu’est-ce qui vous prend ? demande le père Merlin avec intérêt. Êtes-vous malade, monsieur Beaudrain ?

― Non ; mais cette discipline, cette obéissance passive… c’est extraordinaire, vraiment.

― Le fait est que c’est beau, dit mon père. C’est le manque de discipline qui nous a perdus, nous autres.