Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/22

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Et s’asseyant à côté de ma sœur, près de la fenêtre :

― Vous comprenez bien, mon enfant, qu’à Sadowa, comme le dit si bien mon mari, les Prussiens n’avaient aucun mérite à vaincre : ils avaient le fusil à aiguille. Nous, avec le Chassepot, je vous réponds…

Puis, c’est M. Legros, l’épicier, qui entre en riant aux éclats.

― Avez-vous vu comme le marquis de Piré a cloué le bec à Thiers, au Corps législatif ? Il lui a dit : « Vous êtes la trompette des désastres de la France. Allez à Coblentz ! » Il lui a dit : « Allez à Coblentz ! » Elle est bien bonne ?

― Savez-vous ce qu’on leur promet, là dedans, aux opposants ? demande M.  Pion en frappant sur un numéro du Pays qu’il tire de sa poche : le bâillon à la bouche et les menottes au poignet. Si j’étais quelque chose dans le gouvernement, ce serait déjà fait, ajoute-t-il en caressant sa grosse moustache.

― Bah ! laissez-les donc faire, dit Mme Arnal, qui fait son entrée à son tour. Tenez, j’arrive de Paris. Savez-vous ce qu’on fait dans