Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/234

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— Ils manquent de linge et de charpie, dit Mme Arnal, songeuse. Si l’on pouvait…

― C’est possible, madame, répond M. Hoffner. Très possible. À l’heure qu’il est, cette dépêche est parvenue dans toutes les villes non occupées par les Allemands et je ne doute pas que les dons de toute nature n’affluent bientôt à Metz, car les routes vont être libres, si elles ne le sont pas déjà. Mais, puisque les petits ruisseaux font des grandes rivières, si un comité de Dames se formait ici, je serais ― ou plutôt nous serions, car je ne suis pas seul ― en mesure de faire parvenir au maréchal les objets destinés à son armée.

― Mais comment ?… demande Mme Arnal.

― Madame, je vous en supplie, ne m’interrogez pas.


Le comité est formé. Ma sœur travaille du matin au soir, comme une mercenaire. Une quantité de dames l’imitent. Mme Arnal en néglige son capitaine blessé qui commençait à se lever, pourtant.

― Enfin, que voulez-vous ? dit-elle avec un soupir. Le devoir avant tout… Le devoir patriotique, bien entendu… Il y a tant de devoirs…